"Parfum de cinéma"

Un parfum de cinéma…

Le titre n’est pas de moi, mais de BETC qui annonce son nouveau film pour Lolita Lempika sur son “blog” BETC-life.

Et il sonne comme un symbole. Oui le spot de Lolita Lempika a de grands airs de cinéma. Le film, un pur produit Wookid (Yoann Lemoine), s’invite sur nos pupilles comme un court métrage esthétique, prenant soin d’installer lentement le spectateur dans son univers (regardez-le en plein écran)


L’excellent jeu des plans et leurs synchronisations avec la musique donne à ce spot un rythme fort. Du moins s’il l’on aime ce type de réalisation. Les férus de dynamisme verront non pas du rythme mais des longueurs. Non pas de l’intensité mais de l’ennuie.
Ici, il est affaire d’appréciation personnelle.

Le point plus litigieux sur ce spot est, comme certains l’on évoqué dans les commentaires de l’article de La Réclame, l’ambiguité palpable qui s’installe au fur et à mesure de la déambulation de la jeune fille (14 ans) au sein de cette nature vierge et violente. Sa relation étrange à une caméra subjective et ses regards qui oscillent entre provocation et auto défense.

Tout le monde ne voit pas les références ambigues à la sexualité. Mais quoi qu’il en soit, ce spot me parait être une bonne source d’interrogation.
La publicité, sous couverture de créativité et d’évocation d’univers sensoriels peut-elle transgresser certaines normes ? A-t-elle pour rôle voir même a-t-elle le droit d’emprunter des terrains de jeux dont le cinéma ne se prive pas ?

Les travers de notre société sont nombreux et plusieurs réalisateurs ont cherché, dans les vices humains, des sources d’inspirations, flurtant avec les limites de la vertu, de la bienséance ou du supportable. Lars Von Trier est un symbole de ce cinéma, mais il existe évidemment d’autres références.

Mais le cinéma a une vocation libertaire et artistique que ne possède pas la publicité. Je n’incrimine ici pas spécialement le spot de BETC, je trouve simplement qu’il soulève un débat intéressant. La volonté mercantile de la publicité autorise-t-elle toutes libertés sur les prises de parole ? La connotation au viol, à la sexualité adolescente, ou à bien d’autres perversions (paranoïa, serial killer, incestes…) peuvent-elles être des thèmes porteurs pour une marque ?

Pages Jaunes, la poursuite. Réponse.

Suite à mon billet de la semaine dernière, « Pages jaunes court derrière son public ! », j’ai été contacté par Daniel Lemin, responsable des relations digitales de PagesJaunes. L’échange ayant été intéressant, je retranscris ici son mail qui apporte un éclairage différent à mon article.

Bonjour Jocelyn,

Je suis Daniel Lemin, responsable des relations digitales de PagesJaunes.

J’ai lu avec intérêt votre billet, intitulé « Pages jaunes court derrière son public ! », j’ai aussi lu celui de l’année dernière paru suite à notre première campagne avec BETC.

Je serai ravi de pouvoir discuter avec vous et vous montrer / démontrer que votre perception de nos services et de notre entreprise ne traduit pas vraiment la réalité.

Ainsi, vous estimez que le reflexe de tout internaute ou mobinaute aujourd’hui est de s’en remettre à Google, pourtant chaque mois, il y a 16 millions d’internautes qui viennent sur pagesjaunes.fr, pourtant près de 10 millions de mobinautes ont téléchargés notre application et ils sont plus de 2 millions à l’utiliser chaque mois. C’est d’ailleurs pour ça que l’appli PagesJaunes est la 3ème appli gratuite la plus téléchargée sur iPhone (derrière Shazam et Facebook !) et la 5ème sur iPad.
Si ça ce n’est pas un gage de modernité et d’adaptation au marché…
D’ailleurs, pour info, on a doublé nos audiences mobiles entre 2010 et 2011, en passant de 70 millions de visites en 2010 à 140 millions en 2011. Ils sont peu nombreux les acteurs présents sur le mobile à obtenir ou dépassé de telles audiences (L’audience de l’Internet mobile en France en février 2012)

Et vous oubliez que PagesJaunes est un groupe qui développe tout une suite de solutions web complémentaires et qui s’appuie sur des actifs et des marques fortes comme Mappy, mais aussi clicRDV, comprendrechoisir, AnnoncesJaunes, A Vendre A Louer, 123people …

Et nous comparer à Google n’a pas vraiment de sens, on ne boxe évidement pas dans la même catégorie : c’est un acteur mondial qui fait 23 milliards de dollars de CA, nous sommes un acteur européen, mais surtout français qui fait 1,1 milliard de CA (dont 575 millions sur Internet, ce qui fait tout de même de PagesJaunes le premier acteur européen de la publicité sur internet en terme de CA !).

En même temps, côté innovation, nous n’avons pas à rougir, on fait aussi bien et même mieux (sur un territoire plus restreint certes) que Google en ce qui concerne la représentation géographique comme les vues aériennes (notamment nos vues obliques) et les vues immersives avec urbandive.com

Et comme vous le précisez, nous avons une longue expérience du terrain et une très bonne connaissance du tissu économique local en France, ce qui fait de nous un acteur incontournable de l’infomédiation en France.

D’ailleurs, vous noterez que nos solutions ne sont pas si mauvaises ni has been, puisque de nombreux grands acteurs dont Google nous suivent, comme pour la création de sites internet pour les professionnels ;)

Enfin pour rebondir sur votre titre, je dirais que toutes les marques court après leur public, sinon elles ne feraient pas de communication, pas de pub, et pas toutes sortes d’actions et d’opérations visant à séduire et développer une préférence de marque. Et je trouve au contraire que l’on ne court pas beaucoup après notre public, car nous avons une présence publicitaire plutôt raisonnable.

Et voici, brièvement, quelques points que j’ai avancé pour défendre mon opinion et mon article :

Je ne nie absolument pas une affluence énorme sur le site et sur l’application PagesJaunes. Il en va, selon moi, d’un réflexe culturel fort. Mon scepticisme s’est portée plus sur l’avenir. Google a aujourd’hui, dans son identité, une image beaucoup plus forte sur la recherche que PagesJaunes..
Attention donc à la future génération et ses habitudes de recherche.

Je n’ai également pas nié dans mon article la très bonne connaissance que la marque possède du marché FR ainsi que sa capacité à innover. Je clôture d’ailleurs mon propos sur ce sujet.

Enfin, mon but n’a jamais été de faire passer PagesJaunes comme un acteur has been (désolé si ce fut cette impression) mais bien comme une entreprise face à un enjeu de taille qui concerne aussi bien la stratégie publicitaire que de la stratégie d’entreprise tout court…
Je concède cependant ne pas avoir inclue la globalité du groupe PagesJaunes dans ma réflexion et suis persuadé (et ça, je ne l’ai pas assez bien noté dans l’article) que la marque peut relever ces épreuves.
À elle de nous le prouver.


Globalement, j’ai beaucoup apprécié la démarche de prendre contact avec moi, et j’incite l’ensemble des marques à faire de même lorsqu’elles font face à des articles peu élogieux (Sur 40cents ou sur un autre blog). La discussion mène toujours a de meilleurs résultats que la négation ou la répression.
Un grand merci donc à Daniel d’avoir initié ce débat et bon courage à PagesJaunes face au défit à relever.

Pages jaunes court derrière son public !

C’était il y a un an. Sur ce blog. Je titrais “Page blanche pour Pages Jaunes.”
La marque délaissait alors l’humour Cro-Magnons pour un spot assez pesant créativement mais légitime stratégiquement, tant Pages Jaunes était arrivé à un point de non retour sur l’adéquation de son offre vis à vis de son image.

1 an plus tard, je ne suis pas sur que beaucoup de choses aient changées ! La faute à un spot trop cliché, à pas assez de présence en média, à des prises de paroles trop institutionnelles… Qui sait ? Plusieurs explications seraient à donner.

Mais le bilan est là. Pages Jaunes subit toujours un déficit d’image important. Si le spot de BETC, en avril dernier, à certainement fait gagner en compréhension de l’offre (Internet, appli samrtphone), il n’a pas séduit la jeunesse, pourtant principale utilisatrice de ce type de services.

BETC nous a donc concocté un spot bien publicitaire. Dynamique, cassant les codes (du “secteur”) et avec une touche d’humour absurde assumé.
Une vraie scène de cinéma.

Bon, je vais pas vous dire que je suis fan hein, mais ça c’est perso. Dans la mécanique, il fonctionne bien.
Mais merde flûte, à un moment, il y a tout de même un truc qui coince quoi. Pages Jaunes, ok c’est des annuaires. Ok, c’est un site internet. Ok, c’est une appli mobile… Mais très sincèrement, de vous à moi, c’est utile ?

Allez, j’en entends déjà hausser le ton et dire “ouiii, heuuu, moi,  j’y vais à chaque fois que je cherche une adresse précise”. Et en effet, ça reste un réflexe très fort chez beaucoup de français car Pages Jaunes jouit d’une notoriété et d’un historique très fort, encore marqué dans nos habitudes de “recherches”.

Mais sincèrement, pour reprendre l’égérie publicitaire du moment, Norman :
Maintenant j’ai Google !

Pire, j’ai Google, Foursquare, et les applications dédiés de toutes les grandes chaines (Starbucks, Mcdo…).
En somme, Les Pages Jaunes possèdent-elles aujourd’hui une offre assez intéressante pour mériter d’exister dans le futur ? Permettez moi d’en douter.

Nous développons des réflexes totalement différents et très loin de Pages Jaunes. Aujourd’hui, lorsqu’on recherche un bar, un resto, un coiffeur ou n’importe quoi d’autre, il y a deux types de réflexe : Je suis chez moi, je tape dans la barre de recherche Google. Je suis sur mon mobile, je tape dans la barre de recherche Google. Il n’y a pas de secret.
Google Maps s’améliore d’année en année, intégrant les commentaires des internautes et donc des réactions personnalisée pour votre recherche.
Foursquare possède la couche sociale que n’aura jamais Pages Jaunes et centralise des avis conso bien plus fournis et spontanés que Pages Jaunes.
Enfin, les grandes chaines internationales développent des applications pour géolocaliser leurs points de vente.

La réponse de Pages Jaunes est assez mince. Son principale atout (et s’en est un), c’est sa connaissance du pays et sa base de donnée. En clair, Pages Jaunes a une expérience immense dans la cartographie des commerces en France et une base de donnée à faire pâlir quelques réseaux sociaux… Là dessus, on est d’accord. Mais malheureusement, dans le service qu’il offre au public, il me semble bien difficile de rattraper le retard…

Les habitudes changent et aujourd’hui, Google monopolise la recherche… Quelque soit le type de recherche… Pour pallier à son déficit d’offre, Pages Jaunes tentent bien de multiplier les points de contact en développant par exemple son appli mobile. Pages Jaunes essai également de faire évoluer son service comme un portail, pas seulement comme un outils de recherche…

Mais le constat est là. D’autres habitudes se sont créées et la pente semble dure ! L’innovation sera peut-être la porte de sortie pour la marque annuaire. En effet, Pages Jaunes investit dans des applications mobiles (notamment de réalité augmentée). En créant de nouveaux services différenciant, peut-être que la marque pourra légitimer son existence par le plus produit !

À suivre…

Via : Delapubmaispasque

40 ans de Stratégie.

Très belle idée et quelques très bonnes créations pour ce numéro spécial des 40 ans de Stratégie.
15 directeurs de création se sont prêtés au jeu (où ont demandé à leurs créatifs de s’y prêter) pour imaginer la Une événementielle du célèbre magazine.

Inutile de les commenter toutes. On peut dire que le résultat est assez disparate, avec des angles résolument différents approchant presque de l’auto promo pour la Une de Buzzman pour aller vers des remake du passé du côté de BETC ou La Chose. On notera globalement que chaque création reflète assez bien l’esprit de l’agence du DC.

Évidemment, Fred&Farid, comme à leur habitude, n’ont pas pu s’empêcher d’envoyer un énorme pic à leurs ainés. Ils signent ici une nouvelle fois leur marque de fabrique. Mais après tout, ça fait du bien un peu d’impertinence (cf Plan.net et Dufresne dans le 1er numéro de CBnews nouvelle version).

Finalement, mes deux coups de cœur s’en vont pour Olivier Altmann et Benoit Devarrieux.
Altmann signe une couverture graphiquement troublante et, disons-le, plutôt moche. Mais la figure de style est excellente et judicieuse. On peut y voir une satire aussi bien pour le journal que pour le lecteur, publicitaire prétentieux et auto-contemplatif.La sentence sonne comme un avertissement.

Devarrieux signe lui une annonce pleine de mélancolie, au lendemain de l’anniversaire. La fête est terminée. Les mentions légales, l’ARPP, le CSA, les lois Evin et Sapin ont fait un tour par là pour rappeler que le tapage nocture est interdit par la loi. Les verres sont vides, les assiettes aussi, tout est blanc… Y a-t-il au moins eu assez d’argent pour acheter un gâteau…

Bon anniversaire quand même.

Alexandre Hervé / DDB

Chris Garbutt / Ogilvy & Mather


Christian Vince / .V.

Benoit Devarrieux / Ateliers Devarrieux



Fred et Farid / Fred&Farid

Gabriel Gaultier / Leg

Georges Mohammed Chérif / Buzzman

Gilbert Scher / H

Guillaume Chifflot / Leo Burnett

Olivier Altmann / Publicis Conseil



Pascal Grégoire / La Chose

Rémi Noel et Eric Holden / TBWA Paris

Stéphane Xiberras / BETC Paris

Andrea Stillacci / Hérézie

Thierry Albert / Mother London

Source : Stratégie

Note d’après post : Malheureusement pour moi, je n’ai pas eu l’une des deux couvertures “coups de cœur” ! tant pis, je vois dans celle-ci Le Cri de Munch et donc tout le questionnement que provoque 40 ans de publicité et de stratégie ;)

Un tapis fan de cinéma !

Bon, pour une fois, je suis pas à la bourre. La campagne vient de sortir ! Ok, ça fait plusieurs heures que Twitter s’agite autour, mais je ne peux pas gagner contre Big Brother !

Alors concentrons-nous sur la publicité.
Comme ça, j’ai juste envie de dire : Du Canal + et du BETC dans ses grandes heures…
Une superbe réal, digne d’un film, qui nous plonge, une fois de plus dans un petit storytelling made in Canal +. Absurde, drôle, divertissant. J’aime.

Une vraie petite histoire que l’on a envie de suivre et dont on veut savoir la chute. Alors, ici, contrairement au placard, la chute est un peu téléphonée (à mon goût). On se doute vite du message et du pourquoi du comment de la passion de l’Ours. Mais qu’importe, on ne boude pas son plaisir.
Le scénario est bon, les dialogues bien menés et l’idée de l’interview de l’ours marche très bien, avec toutes les touches d’humour que l’on connait à BETC.

Le retour d’une prise de parole sur la qualité du contenu “non original” (non produit par Canal) est aussi intéressant. Depuis un moment Canal + communique beaucoup sur la création de contenu (Borgia, Platane, Braquo, Maison Close etc..) sans vraiment rappeler que : Le ciné, c’est sur Canal.
Prise de parole peu aisée face au téléchargement.

BETC a choisi de s’éloigner de la pure promo par les noms de films (à l’inverse d’un spot “Marche de l’empereur”), même si je ne doute pas qu’un packshot viendra clôturer le spot TV. Fait intéressant, l’excellente prod du spot et le discours de l’ours montre une ouverture sur un cinéma pour les initiés : histoire, mise en scène, post prod, effets spéciaux, musiques… On parle du ciné dans son ensemble.

Une prise de parole globale sur l’amour du cinéma qui tendrait à signifier que l’insight (de marque) est : “Lorsqu’on aime le cinéma, on s’abonne à Canal”.
Pourtant, la signature (Plus on regarde Canal +, plus on aime le cinéma) semble signifier autre chose, comme si la chaine s’adressait plus aux non-initiés qu’aux amateurs. “Regardez Canal et vous allez aimer le cinéma”.

C’est le seul écueil que je trouve. La marque veut-elle s’adresser à ceux qui regardent (encore) peu le ciné, ou à ceux qui le connaissent ? Il y a pour moi une petite maladresse sur la signature.
Légère ambiguïté qui ne nuira pas à la qualité et au succès du spot.

Source : Fubiz