Marché en crise - L’Automobile

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“L’argus de l’automobile”

Dis Père Castor, c’est quoi une industrie en crise ?
Si le secteur de l’automobile était une voiture, peu d’entre vous serez prêt à investir dans ce “bolide”. Pourtant, à l’argus, le secteur de l’automobile n’est pas si mal coté. 
Il faut distinguer 2 phénomènes :
- Oui l’industrie automobile française se porte assez mal (en particulier pour Peugeot).  
- Non le marché automobile français n’est pas désastreux. Il s’est même porté plutôt bien avec, selon les années, toujours autour de 2 millions de voitures neuves vendues (dont 45 à 55% de marques françaises).
Boostées par la prime à la casse, les années 2010 et 2011 ont même été exceptionnelles. L’année 2012 s’annonce beaucoup plus compliquée, mais pas encore dans le catastrophisme, puisque le marché de renouvellement français reste important et peu lié à l’emprunt.

Donc oui un marché compliqué, d’autant plus pour les marques françaises qui peinent à l’international (citons une nouvelle fois PSA), mais un marché conséquent, loin d’être mort et dans lequel les françaises représentent près d’un véhicule sur deux.

“L’automobile et une mutation obligatoire”

Si les chiffres ne sont pas (encore) mauvais, pourquoi verse-t-on si communément dans le catastrophisme ? Tout simplement parce qu’avec environ 1 salarié sur 10 qui dépend de l’automobile, le secteur est une affaire nationale (dont les licenciements de Peugeot exaspèrent). Et les constructeurs français, à la fois si précieux à nos yeux mais si décriés, ne semblent pas être en mesure, année après année, d’aller taper les géants allemands.

Que les ventes d’automobiles soient fortes ou ne le soient pas, j’ai presque envie de dire que l’on s’en cogne. S’attarder sur les ventes, c’est ni plus ni moins que du lobbying industriel, pleurant sur un secteur qui structurellement pointe lui-même ses limites

Géographiquement et démographiquement, les vieilles stratégies industrielles de l’industrie automobile semblent bien obsolètes. Alors que 22% de la France est couverte par les villes, 77,3% de sa population est citadine (source) ! Une tendance généralisée puisque la Chine compte pour la première fois plus de citadins que de ruraux et que les USA n’ont jamais connu aussi peu de ruraux..
Pire, pour enfoncer le constat, les modes de vie citadins conduisent à une augmentation significative des distances (et surtout du temps) des trajets quotidiens (pour se rendre au travail). Face à cette tare du temps passé en voiture et au prix de l’essence, les français repensent leurs modes de transports favorisant (dans les centre villes) des modes légers (à pied, à vélo, en 2 roues…) et diminuant le fractionnement des déplacements (moins de détours pour aller faire des courses ou un achat). 

Les tendances démo et géographiques amènent donc à repenser l’automobile et le transport en général. L’utilité de la voiture a changée. Et son utilisation devrait connaitre de profond changement dans la décennie à venir.  

“On a pas de pétrole, mais on a des idées”

Il faut bien voir que dans un contexte social changeant, le contexte économique sera également l’un des facteurs les plus déterminants pour transformer l’industrie automobile.
Selon un sondage BVA, 1 automobiliste sur 5 trouve le coût de sa voiture vraiment excessif et l’automobile est le premier poste de dépense que les français souhaitent réduire… Ahhh, dès que l’on parle au portefeuille… 
Mais pas que. Les préoccupation écologiques toquent à la porte également. L’écologie, malgré la crise, est un sujet encore bien présent, notamment dans un achat aussi déterminant qu’une voiture.

Le prix de l’essence explosant, la durée des trajets augmentant, le budget des ménages baissant, on voit mal comment l’automobile telle qu’elle existe aujourd’hui peut en effet perdurer sur le long terme sans des aides providentielles mais tout à fait artificielles de l’État…

Les idées nous les attendons toujours… On revient à la publicité. 
Si l’on regarde la structures des publicités, on remarque qu’elles suivent à peu près toutes le même schéma : 
- Des prises de parole fortes pour les nouveaux lancements (ex : Peugeot 208, Golf 7 etc..)
- Des prises de parole tactiques (créer du traffic aux journées portes ouvertes)
- Des prises de parole génériques (pour soutenir un véhicule, une gamme ou la marque. Ex, la pub Audi 1mm)

Au-delà de cette animation annuelle, lorsque l’on s’attache au contenu, on voit un secteur qui n’a pas évolué. Les publicités automobiles n’ont fait que suivre les tendances sociétales, saupoudrant un peu de SUV par ici, un peu d’écologie par là, un peu monospace compact par-ci lorsque les test consos leurs indiquaient des tendances émergentes.

Une continuité assez impressionante qui reflète un secteur qui réagit plus que n’agit.
Rares sont les campagnes qui ont rompu avec leur temps pour proposer de nouvelles façons d’appréhender l’automobile (on peut penser spontanément aux campagnes Twingo (ici ou ici) ou Espace (poke) de Renault et plus récemment, les campagnes Touran de VW ou Quashqai de Nissan).

Aujourd’hui, face au prix de l’essence et aux considérations écolos, les marques ont fait des choix tactiques et s’engouffrent, avec plus ou moins de succès, dans des voies plus vertes (électriques, hybrid etc..). Mais le schéma de publicité reste le même. On vend un voiture pour la même utilité qu’il y a 15 ans. La voiture est toujours pensée comme un reflet de soi, un élément utile partout, tout le temps. 

“Et si l’on parlait mobilité et non pas automobile ?”

L’automobile passe complètement à coté des profonds changement des individus face à la notion de déplacement. Les rares publicités qui abordaient le sujet n’ont pas continué sur cette voie. Les constructeurs qui s’y risquent sur le plan industriel (Renault Twizy), ne vendent pas leur produit sur de nouvelles valeurs de mobilité mais sur un argument pseudo éco-trendy
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À l’heure des liaisons TGV sur les grands axes, du développement continuel du low-cost des compagnies aériennes et des solutions partagées directement créées par de nouveaux acteurs (Covoiturage, Voiturelib et bien d’autres), on se dit que la mobilité, en France au moins, passe par biens des chemins mais que l’automobile n’apparait pas apte, pas flexible et peu innovante pour y répondre.
On attend clairement des acteurs français, autant dans leurs prises de parole publicitaires (Let’s your body drive) que dans leurs choix tactiques (Twizy ou Mu by Peugeot) d’aller plus loin. De trouver et de parler de manière différente de mobilité.
Il est primordial pour le secteur de créer une rupture et de repenser les solutions de demain, pas d’aujourd’hui. Les gens en sont déjà équipés… 

Et je suis intimement persuadé que ce ne sont pas les moodboards futuristes que nous proposent Mercedes ou BMW qui seront des freins à une nouvelle voie pour l’automobile (française ou pas).

Facebook publie un nouveau statut sur les télés américaines

Suite à l’avis d’Olivier ici même, j’ai voulu également apporter mon analyse du spot Facebook. Pour être franc, je trouve que l’exercice n’était pas simple et que ce n’est pas forcément le brief que j’aurais aimé avoir ! Parler de Facebook, c’est parler d’un objet que 1 milliard de personnes utilisent et dont un milliard de personnes ont une image différente. Ça donne du fil à retordre.

 

Pour être le plus clair possible, j’aimerai dissocier 3 aspects de la campagne :

Les objectifs de Facebook
La créa, notamment autour de l’analogie avec la chaise
La réception du message par les utilisateurs 

“Facebook, en quête de statut”

Tout commence dans la problématique ou plutôt, les objectifs de Facebook. Pourquoi prendre la parole à l’occasion de son milliard d’utilisateurs ?

En tant qu’emblème de l’ère social media, la plateforme se doit de ne pas être éternellement une Start Up. L’entrée en bourse et son fiasco médiatique ayant du mal à crédibiliser le réseau en tant qu’acteur économique, Facebook doit gagner en stature et en crédibilité.

Faire une publicité TV aux US tient du symbole. Pas de recherche de recrutement ici, puisque le recrutement organique s’opèrent très bien dans les pays émergents.
Cette publicité, c’est un signe de maturité, de puissance. Google, dans le passé, a suivit le même chemin.
Parlons en de Google d’ailleurs. Les deux acteurs américains se livrent une vraie bataille de position. Social et search, intimement liés, sont les deux ADN profonds dont chacune des deux entités se partagent une expertise. Pourtant, la globalisation des services (et des habitudes utilisateurs) au sein d’un même écosystème (Google OU Facebook) les amène à se livrer une véritable guerre tactique.

Google a déjà posé les jalons : ses services servent vos histoires. La signature, « The web is that you make of it » est d’ailleurs signifiante (et brillante). Google ne fait que proposer des outils. C’est votre talent (ainsi que la parfaite combinaison des services entre eux) qui permet de magnifier vos initiatives.
Facebook avait déjà pris ce type d’écriture sous l’angle « des outils à votre service », que l’on retrouve également constamment chez Apple :

 

Facebook Pages Timeline from molek on Vimeo.

 

Mais nous étions dans un lancement exclusivement digital des Pages en timeline. Cette prise de parole TV se devait d’être plus statutaire et donc plus distinctive de Google. Voilà pourquoi Facebook a souhaité prendre une autre voie. Google met à disposition des outils pour ré inventer le monde ? Et bien Facebook ne propose pas des outils mais une plateforme. Et la plateforme, c’est (littéralement) le support où se passent les choses.  Il a y intrinsèquement l’idée d’être une « base », donc d’être incontournable et omniprésent. La nuance se situe ici…

“La chaise comme analogie du support”

J’ai trouvé l’allégorie de la chaise particulièrement intéressante. Mais mal utilisée. Pour moi, la force de la chaise était de permettre de symboliser deux choses particulièrement importante.

- Facebook est comme un Bic. Un « objet » utile à TOUS, universel, simple, pratique et incontournable qui a (intrinsèquement) toujours existé (avant de s’assoir sur une chaise on pouvait le faire sur un rocher. Avant d’être sur Facebook, on pouvait être sur MSN ou s’envoyer des textos, des mails etc…)

- Facebook est un support. La chaise supporte votre corps. Facebook supporte vos relations sociales. Contrairement à Olivier, je ne pense pas que Facebook se voit comme créateur de lien social, là où Google se voit en créateur d’histoire. Facebook est l’endroit. Si je devais pousser l’image plus loin, je dirais que Facebook est la « cité ». On y vient, on y discute. Le lieu permet, mais ne crée pas. La nuance se comprend mieux en se disant ainsi :
Je réalise des choses AVEC Google. 
Je réalise des choses SUR Facebook. 
 

Là où je vais rejoindre Olivier dans sa critique, c’est toute la limite de ce postulat. Si Facebook n’est qu’un lieu, aussi puissant soit-il, il s’expose au changement. Il s’expose à l’érosion de sa popularité ou de son utilité.
De plus, Wieden + Kennedy, en poussant la comparaison à de nombreux autres objets/sujets, contribue à diluer la métaphore.
Facebook devient “comme tout” et donc personne… Finalement, on se dit que cette prise de parole manque de parti pris, de vision. Elle semble tourné vers le passé, plus que vers l’avenir. On pourrait presque y voir une prise de parole de Microsoft, comme un ancien géant tentant de crier sa suprématie à un monde qui ne l’écoute plus….

“Vous, nous et moi”

Parlons enfin des principaux concernés, les oubliés de mon analyse, ceux qui sont, comme nous, récepteurs.

Je ne peux parler pour des centaines millions d’américains et encore moins pour 1 milliard de personnes. Mais d’un point de vue purement utilisateur, ce spot ne m’a pas déplu. Je trouve qu’il souffre de la comparaison à Google. Je trouve qu’il souffre d’une certaine posture prétentieuse par des métaphores trop nombreuses et généralistes. Mais je pense aussi, que la simplicité du message et l’ancrage créatifs dans des représentations universelles en fait un spot fort, marquant. Et c’est peut-être son principal atout. Je le regarde et je me dis :

« Ouais c’est vrai après tout. Facebook est comme cette chaise. J’y passe du temps, beaucoup de temps. Et pour y faire toutes sortes de choses : blagues, partage d’infos, discussions, anniversaires etc… »
Cette publicité me parait assez représentative du réseau social finalement…

Si je devais résumer ma pensée en une phrase, je dirais que cette publicité est une bonne pub du présent, de constat, mais qu’elle ne joue pas son rôle pour une entreprise de l’envergure de Facebook : construire l’identité de son avenir.

À bon entendeur ;)

 

"SAY MY NAME"

ATTENTION, SPOILER !

Dans la saison 6 de Breaking Bad, il y a cette scène déjà devenue culte où Walter White lance avec conviction un immanquable :

"Say my name"

Say my name…
J’ai beau chercher, tourner l’opération dans tous les sens, scruter les blogs qui en parlent, je ne trouve pas d’autres objectifs à l’opération digitale transmedia de Buzzman pour MTV Mobile, Gif Me More Party.

GIF ME MORE PARTY - Death Grips - I’ve Seen from Adam on Vimeo.

La recette semble simple et réunie les facteurs du succès d’à peu près n’importe quel contenu commercial en ce moment :
Du fun (ici la fête sauce cliché américain, largement façonné par le cinéma, de American Pie à Projet X)
Du sex (la juste dose, ni trop, ni pas assez, simplement histoire d’émoustiller votre curiosité et votre voyeurisme)
Du woowww (ici la prouesse technologique, qui vous donnera, finalement, à vous férus de web le seul vrai contenu à partager et commenter tant le reste est creux).

 J’ai donc parcourus les pages Google à la recherche d’un article qui commenterait la campagne de MTV. Mais rien. 

La même rengaine à chaque fois ! Le même discours, la même seule et unique info, seule véritable donnée “viralisable” (de mieux en mieux dans le néologisme moi !) :
Le premier clip où tu peux être le personnage que tu veux ! 50 personnages, 50 points de vues.

Ok, mais au fait, c’est pour quoi ce clip ? Enfin, pour qui ?
MTV Mobile. Il est d’ailleurs affligeant de voir que de nombreux articles ont raccourcis l’info jusqu’à dire simplement pour MTV (qui sont 2 services totalement différents !!).
Bref, il semble que ce site événementiel n’avait bien pour seul but que de retenir le nom de la marque…

"You’re Goddamn Right"

Vous savez maintenant que MTV Mobile est une marque cool ! Les marques sont des vendeurs de cool disait Naomi Klein dans No logo.

Pour trouver de l’info, du contenu, il faut s’accrocher. Finalement vous cliquez par hasard sur GIF ME MORE dans le menu et… ça y est ! Vous y êtes !! Vous savez maintenant que MTV Mobile est un opérateur mobile (bon ok, ça c’était dans le titre, d’où l’importance du Say My Name) et qu’il propose 3 forfaits différents !


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Mr Pringles aurait certainement dit :

"Vous êtes un Winner !" 

Bien-sûr, généreux, MTV Mobile vous offre quelques publicités exclusives, un lien vers son Facebook et quelques gimmicks. Mais le constat est là. L’expérience, si soignée soit-elle, squizze complètement le service.

Du coup vient la question de l’utilité. Je n’ai pas de procès à faire à Buzzman, qui réussit admirablement bien à creuser son sillage et enfonce des murs là où beaucoup les contournent.
Mais ici, je reste vraiment sur ma fin. Car l’opération est une expérience pour une expérience. Aucun n’objectif n’est derrière, aucune utilité. Sans compter que ce type d’expérience ne fais mousser (soyons sérieux une minute) qu’une niche d’individus. Je veux bien que la cible soit jeune et plutôt connectée, mais on oublie bien souvent dans notre métier le décalage d’interprétation du terme connecté entre un individu normal (aussi jeune soit-il) et un publicitaire à l’affut des tendances digitales.

Finalement, cette expérience n’aura que pour effet un woww instantané qui disparaitra dans les abysses des internets aussi vite qu’une nouvelle actualité apparaitra (d’ailleurs, plus personne n’en parle déjà…).

Pour Buzzman, cet article sera un compliment car je connais la volonté de Georges Mohammed Chérif : amuser les gens. Arrêter de les emmerder avec du contenu ennuyeux et les amener sur du fun autour de l’univers de marque.

Et finalement, la PLV aggressive et les spots télés viendront remplir les objectifs de pénétration (et d’ennuis). Mais qu’importe, dans le milieu du cool, nous n’auront parlé que de l’expérience interactive inédite… Nous préférons fermer les yeux, il en va de la survie de la créativité.. Ou pas.

Heisenberg.

Ma voiture pour un clignotant !

Cela faisait maintenant plusieurs mois que je ne regardais (presque) plus la télé. Mais voilà, ces deux dernières semaines, le petit écran m’a fait de l’œil et je lui ai consacré un peu plus de temps que d’habitude.

Vautré studieusement assis sur mon canapé, je n’ai pu que renouveler le constat accablant pour la publicité. Inutile de refaire le procès de la longueur des tunnels publicitaires (9 minutes par heure !!), ni même de la redondance des réclames… Il a été fait 100 fois sans résultat.

Ce qui a attiré mon attention dans cette redécouverte des tunnels pubs, ce sont les annonces pour l’automobile.
J’ai eu la chance de travailler pendant quelques mois sur le budget Volskwagen. Le secteur est globalement séparé en 3 types d’annonce : les pubs de marque (Objectif d’image), les lancements & lifting (Objectif de notoriété) et les offres commerciales & journées portes ouvertes (Objectif de trafic).
D’un point de vue marketeux, tout semble logique. Mais d’un point de vue conso, ça résonne comme un sacré bordel tout de même. En regardant ces publicités, au milieu de tant d’autres, j’ai été assez impressionné par le brouillard qu’elles installent…

Globalement, c’est l’anecdotique qui ressort ! Que retient-on ? Presque rien. Si l’on est en phase d’achat de voiture, bien évidemment, nous sommes plus attentif et la communication prix aura raison de notre attention. Mais au-delà de cette nuance, on peine à trouver un réel intérêt pour ces publicités.

D’un œil un peu distrait donc (l’œil que les gens normaux prêtent à la pub qui coupe leur téléfilm), on voit de petites boutades ou quelques énumérations bien vaines de technologies. Les prises de parole marquantes se font rares et lorsqu’une pub se distingue en impact (entendez par sa réalisation) son contenu proprement stratégique (message émis) semble bien vide de sens…

Dans toute cette anecdote, je dois tirer mon chapeau à Audi et Citroën, qui (n’égalant pas encore Ford et ses clés sans contact) nous livrent des copies (pas au même niveau de réalisation) qui voudraient nous faire acheter une voiture pour la technologie de leurs…phares.

 


Alors je veux bien leur prêter la volonté de faire une litote (si mon phare est technologique, ma voiture est technologique), mais sérieusement, ça semble beaucoup d’énergie dépensée pour une caractéristique assez peu essentielle à communiquer à ce stade de décision d’achat…
Si les deux publicités n’ont pas les mêmes objectifs (purement promotionnel pour Citroën, lorsqu’Audi soutient le lancement de l’A1), elles réduisent néanmoins leurs univers de communication à la seule technologie, donnée présente dans la culture des 2 enseignes (cf signatures). Disons que cela offre une publicité ton sur ton, ou la technologie apparait comme une fin en soi, dont le bénéfice est palpable mais pas primordial. Difficile de déceler un message fort de ces publicités.
Soyons clair, elles expriment quelque chose, mais pas un univers durable et enrichissant pour la marque ou le produit.

Finalement, on observe assez peu de marque qui parviennent à structurer leur prise de parole dans un ensemble cohérent ET pérenne. Toyota s’y essai avec une présence média assez faible et un niveau créatif pas toujours terrible. Dans le secteur, c’est bien Renault qui tire son épingle du jeu, grâce à la Clio et à la gamme Dacia. Des prises de paroles régulières, un univers marqué et continu et surtout un ancrage dans le contexte de notre société (évolution des mœurs et achat malin en l’occurrence).


 
Dans  les satisfactions, on peut également citer la ligne DS de Citroën qui est parvenue à réaliser un bel exercice d’unconventional sur une cible légèrement iconoclaste. L’univers est toujours cohérent avec des prises de paroles fortes alternées par des pubs axées prix. Si le niveau créatif est assez variable, le ton, la patte DS est reconnaissable.


S’il est impossible de dresser un panorama exhaustif et objectif d’un secteur fragmenté et avec des enjeux bien trop différents, il me semble simplement que peu de marques arrivent à préempter un univers fort et clairement identifiable. Si le design ainsi que l’univers de référence de la marque (Audi n’a pas la même image que BMW) contribue pour beaucoup à définir les frontières, on peut être déçu que les gammes ne travaillent pas mieux leurs spécificités de cibles (à l’image des pubs citées ci-dessus).

Il en va simplement de l’audibilité des messages publicitaires et de la construction d’une marque ou d’un produit sur la durée..
La pérennité d’une prise de parole dépend de la qualité du message émis.

Pages Jaunes, la poursuite. Réponse.

Suite à mon billet de la semaine dernière, « Pages jaunes court derrière son public ! », j’ai été contacté par Daniel Lemin, responsable des relations digitales de PagesJaunes. L’échange ayant été intéressant, je retranscris ici son mail qui apporte un éclairage différent à mon article.

Bonjour Jocelyn,

Je suis Daniel Lemin, responsable des relations digitales de PagesJaunes.

J’ai lu avec intérêt votre billet, intitulé « Pages jaunes court derrière son public ! », j’ai aussi lu celui de l’année dernière paru suite à notre première campagne avec BETC.

Je serai ravi de pouvoir discuter avec vous et vous montrer / démontrer que votre perception de nos services et de notre entreprise ne traduit pas vraiment la réalité.

Ainsi, vous estimez que le reflexe de tout internaute ou mobinaute aujourd’hui est de s’en remettre à Google, pourtant chaque mois, il y a 16 millions d’internautes qui viennent sur pagesjaunes.fr, pourtant près de 10 millions de mobinautes ont téléchargés notre application et ils sont plus de 2 millions à l’utiliser chaque mois. C’est d’ailleurs pour ça que l’appli PagesJaunes est la 3ème appli gratuite la plus téléchargée sur iPhone (derrière Shazam et Facebook !) et la 5ème sur iPad.
Si ça ce n’est pas un gage de modernité et d’adaptation au marché…
D’ailleurs, pour info, on a doublé nos audiences mobiles entre 2010 et 2011, en passant de 70 millions de visites en 2010 à 140 millions en 2011. Ils sont peu nombreux les acteurs présents sur le mobile à obtenir ou dépassé de telles audiences (L’audience de l’Internet mobile en France en février 2012)

Et vous oubliez que PagesJaunes est un groupe qui développe tout une suite de solutions web complémentaires et qui s’appuie sur des actifs et des marques fortes comme Mappy, mais aussi clicRDV, comprendrechoisir, AnnoncesJaunes, A Vendre A Louer, 123people …

Et nous comparer à Google n’a pas vraiment de sens, on ne boxe évidement pas dans la même catégorie : c’est un acteur mondial qui fait 23 milliards de dollars de CA, nous sommes un acteur européen, mais surtout français qui fait 1,1 milliard de CA (dont 575 millions sur Internet, ce qui fait tout de même de PagesJaunes le premier acteur européen de la publicité sur internet en terme de CA !).

En même temps, côté innovation, nous n’avons pas à rougir, on fait aussi bien et même mieux (sur un territoire plus restreint certes) que Google en ce qui concerne la représentation géographique comme les vues aériennes (notamment nos vues obliques) et les vues immersives avec urbandive.com

Et comme vous le précisez, nous avons une longue expérience du terrain et une très bonne connaissance du tissu économique local en France, ce qui fait de nous un acteur incontournable de l’infomédiation en France.

D’ailleurs, vous noterez que nos solutions ne sont pas si mauvaises ni has been, puisque de nombreux grands acteurs dont Google nous suivent, comme pour la création de sites internet pour les professionnels ;)

Enfin pour rebondir sur votre titre, je dirais que toutes les marques court après leur public, sinon elles ne feraient pas de communication, pas de pub, et pas toutes sortes d’actions et d’opérations visant à séduire et développer une préférence de marque. Et je trouve au contraire que l’on ne court pas beaucoup après notre public, car nous avons une présence publicitaire plutôt raisonnable.

Et voici, brièvement, quelques points que j’ai avancé pour défendre mon opinion et mon article :

Je ne nie absolument pas une affluence énorme sur le site et sur l’application PagesJaunes. Il en va, selon moi, d’un réflexe culturel fort. Mon scepticisme s’est portée plus sur l’avenir. Google a aujourd’hui, dans son identité, une image beaucoup plus forte sur la recherche que PagesJaunes..
Attention donc à la future génération et ses habitudes de recherche.

Je n’ai également pas nié dans mon article la très bonne connaissance que la marque possède du marché FR ainsi que sa capacité à innover. Je clôture d’ailleurs mon propos sur ce sujet.

Enfin, mon but n’a jamais été de faire passer PagesJaunes comme un acteur has been (désolé si ce fut cette impression) mais bien comme une entreprise face à un enjeu de taille qui concerne aussi bien la stratégie publicitaire que de la stratégie d’entreprise tout court…
Je concède cependant ne pas avoir inclue la globalité du groupe PagesJaunes dans ma réflexion et suis persuadé (et ça, je ne l’ai pas assez bien noté dans l’article) que la marque peut relever ces épreuves.
À elle de nous le prouver.


Globalement, j’ai beaucoup apprécié la démarche de prendre contact avec moi, et j’incite l’ensemble des marques à faire de même lorsqu’elles font face à des articles peu élogieux (Sur 40cents ou sur un autre blog). La discussion mène toujours a de meilleurs résultats que la négation ou la répression.
Un grand merci donc à Daniel d’avoir initié ce débat et bon courage à PagesJaunes face au défit à relever.